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http://www.hollywoodreporter.com/sites/default/files/2011/02/tom-hooper-bstage-oscar-2011-a-p.jpgAprès deux mois cinématographiques bien maigres, brillant par leur absence de véritables étincelles, l'année 2011 semble enfin lancée. De grands noms commencent à apparaitre dans les salles (Aronofsky, Boyle et autres Coen), les césars et oscars viennent respectivement de rendre leur verdict et le festival de Cannes montre le bout de son nez (etsans doute le certainement nouveau bijou de Terrence Malick)

Attardons nous sur les récompenses, sortes de péchés mignons cinéphiles où personne n'y trouve jamais entièrement son compte. En France, l'académisme semble être de rigueur. On pleure l'absence du meilleur film de l'année, Venus Noire, ainsi que des derniers Noé et Denis, véritables leçons de mise en scène dans un paysage cinématographique français un peu norme. Ces cinéastes ont sans doute payé leur audace formelle. Heureusement on sourit aussi du succès Des hommes et des dieux, magnifique oeuvre au propos à la fois atemporel et terriblement brulant sur l'acceptation de l'autre et le sens de l'engagement, portée par une vraie patte de cinéaste.

Et en haut de la pyramide: les oscars. Américains forcément. Donc intéressant forcément, comme chaque phénomène culturelle outre-atlantique ; véritable miroir d'un pays en pérpetuel clivage entre sa mythologie et son présent. Traditionnellement, depuis l'éclosion du cinéma indépendant des années 90 et l'ascension des deux frères Weinstein (presque perçus comme des figures horrifiques dans le milieu) l'oscar du meilleur film revient quasi-exclusivement, non pas au meilleur film (sic) mais à la meilleure campagne de promotion.

Cette année le grand vainqueur est Tom Hooper et son Discours d'un roi qui raconte l'histoire vraie de George V, roi bègue obligé de combattre son handicap pour prononcer sa déclaration de guerre à l'Allemagne nazie - sorte d'éloge de la seconde chance donc. Il est ainsi intéressant de constater que les oscars préfèrent récompenser un film sur l'apologie du rêve américain, plutôt que de sa critique (l'autre grand favori, The Social Network, est reparti avec un seul petit oscar majeur). Le palmarès reflète donc, sans doute inconsciemment, la difficulté d'un pays à accepter sa face cachée. Ce dernier privilégiant ses étoiles.

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