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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 20:54

http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2012/11/06/793001/images/ressource/augustine.jpg

 

 

            Nous sommes en 1885. Le cinéma n’existe pas encore. Une belle époque de merde quoi. Il parait que les gens lisaient même des livres. Des livres, vous savez ? Non ? Bref. Une jeune fille répondant au charmant nom d’Augustine est atteinte d’hystérie. Le professeur Charcot, considéré comme un précurseur de la psychanalyse freudienne, tente de la soigner par l’hypnose. De ces expériences va naitre une relation ambiguë entre les deux individus, où le désir ne manquera pas de caresser les âmes, et la caméra d’Alice Winocour les corps.

 

            Charcot est un homme sérieux. Qui ne laisse transpirer aucune goutte de sueur sous sa chemise couleur froide ; il touche le corps de ses patientes comme l’on épluche des pommes de terre, et ne relève pas les regards languissants de mademoiselle Augustine, son sujet d’étude. Derrière un jargon clinique à peine compréhensible pour ceux qui n’auraient jamais mis les pieds en fac de psycho, on découvre Vincent Lindon. Choix de casting judicieux, tant on connait les capacités du comédien à pouvoir mastiquer son texte dans une barbe de trois jours à peine dissimulée. Pas de panique, le sonotone devrait bientôt être remboursé par la sécurité sociale. Augustine, elle, est interprétée par Soko, qui dans la catégorie hystérique bat à plat de couture Keira Knightley. Pas très difficile en même temps.

           

            On se retrouve alors avec l’histoire d’une rencontre entre un homme asexué qui à force de prêchi prêcha théorique en oublie qu’il en a entre les jambes, et une jeune femme qui cache son désir derrière des crises d’hystérie qui déforment son corps. Ils trouveront chacun dans l’autre une façon d’assouvir leurs pulsions. L’enjeu est donc de taille : raconter l’histoire de la rencontre entre le corps et l’esprit. Le résultat n’est malheureusement pas à la hauteur. Le scénario se veut d’avantage descriptif qu’explicatif. Si bien que le spectateur se retrouve trop souvent dans l’ombre, là où le récit aurait dû mettre l’accent sur des péripéties plus lisibles. Comme souvent dans les films relatant de faits réels, l’Histoire prend le pas sur l’histoire. L’inverse eut surement été plus judicieux. Un mauvais coup de hache et l’affaire tourne au vinaigre. Les enjeux dramatiques se concentrent en fait rapidement sur la relation Charcot/Augustine – délaissant au second plan l’intérêt historique et philosophique. La mise en scène d’Alice Winocour filme les corps des deux acteurs comme des aimants, qui tantôt s’attirent, tantôt se repoussent, et offre même de très belles scènes au parfum doucement érotique. En fait, Augustine souffre de la comparaison trop grande avec un film sorti l’année dernière, à peu près à la même période : Shame, de Steve McQueen. Là où le film du cinéaste anglais cristallisait la névrose de son personnage par le prisme d’une mise en scène halluciné, Augustine fait d’avantage dans le « pas assez » que le « un peu trop ». De plus, Shame possédait le mérite de replacer dans le monde moderne un sujet qui, à travers le point de vue historique du film d’époque, semble avoir pris un petit coup de vieux. Façon cheveux poivre et sel, et rides en patte de canard. Finalement, Augustine est un film à l’allure un peu faiblarde, mal assaisonnée, et au traitement gentiment ennuyeux, qui, de peur de ne pas tenir tête à son sujet, finit par divaguer vers un récit romantique dosé en narcotiques qui aurait gagné à être plus physique et rentre dedans. Est-ce là le symptôme d’une névrose du cinéma français monsieur Charcot ?

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 22:16

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/87/65/10/20280115.jpg

 

 

            Nietzsche a un jour dit : « Deviens ce que tu es ». Tout le monde le sait. Ce que tout le monde sait moins, c’est qu’il s’adressait en fait à Ben Affleck. Dépité de voir son pote gâcher son talent en exhibant sa ganache et ses trois expressions et demie à tout va, le philosophe a tout fait pour le remettre dans le droit chemin. C’est-à-dire derrière la caméra, là où il était prédestiné. Si si, je vous assure. Ne me croyez pas si vous voulez.

 

            2007. L’oncle Ben passe à l’acte. Retour à Boston, son quartier d’enfance, où il fait jouer son frère Casey dans un polar extrêmement dense, et surtout magnifique, Gone Baby Gone. Là où son jeu d’acteur pêchait par une passivité amorphe, sa mise en scène, elle, est nerveuse, précise. Allo Docteur Freud ? Oui ? Sublimation de sa névrose vous me dites ? Merci, au revoir.

 

            Argo est le troisième film de Ben Affleck. Il s’agit là de la reconstitution d’une affaire d’espionnage absolument incroyable. En 1979, la révolution islamique éclate en Iran. Le pays s’embrase, et les membres de l’ambassade américaine sont pris en otage. Six d’entre eux parviennent cependant à s’échapper, et afin de les ramener à la maison, la CIA ne trouve rien de mieux à faire que de prétendre à la réalisation d’un film où le tournage aurait lieu … en Iran. Le petit génie qui a eu cette idée c’est Tony Mendez, interprété par Affleck lui-même qui croyait passer inaperçu en se laissant pousser la barbe et les cheveux. Pas la peine de nous prendre pour des idiots, on t’a reconnu Ben. Et la prochaine fois, laisse les grandes personnes occuper les devants de la scène, ton film ne s’en portera que mieux.

 

            Argo est un film étonnant, qui n’a pas l’air comme ça, mais qui cache suffisamment bien ses enjeux au départ pour mieux nous surprendre par la suite. Tout en sortant la grosse machine vitaminée, le thriller goutte de sueur sur le front, Affleck lorgne un peu par ci et un peu par-là, nous perd un peu, puis nous retrouve. Comme s’il s’était rendu compte trop tard de la difficulté de tenir deux heures sur une histoire qui ne laisse finalement guère place à de grandes lignes de scénario. Allons donc chercher un zeste de comédie satirique sur Hollywood, une larme de drame familial et une poignée de trompettes patriotiques. Un peu de remplissage à droite et à gauche pour au final nous retrouver avec un édifice branlant, et un résultat étonnamment réussi. Car le film arrive à tenir du début à la fin une réflexion sur le cinéma et l’Histoire, qui lui sert en fait d’alibi. De l’ouverture sur la métamorphose du dessin en image d’archive, au dernier plan sur les figurines de Star Wars, Argo nous parle de la façon dont le cinéma s’empare d’une image pour en faire un mythe. Peu importe que les évènements se révèlent être ou non véridiques, que le film prenne un parti moral ambigüe ou un discours caricatural : le cinéma est là pour rendre la fiction légitime par rapport à l’Histoire, car elle n’est justement que fiction. Et de la même façon, notre regard sur l’Histoire s’accommode du même regard que nous avons d’une fiction. Et surtout la fiction au cinéma, qui est un art qui manie les images comme une réalité. On peut voir le film comme une mise en garde de notre rapport avec les images, mais également de la capacité du cinéma de pouvoir ériger une figure en un mythe. Et ce mythe, enfin, en figurines, comme celles que filme Affleck pour clore son film : les personnages de Star Wars, exemple évident d’une oeuvre qui n’a pas fini de dépasser son statut de fiction pour venir s’imprimer dans l’imaginaire collectif.

 

 

 

Critique publiée sur le site sortiedusine.org : http://sortiedusine.org/2012/11/09/argo-oncle-ben-fait-son-cinema/

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:16

http://cdn1.screenrant.com/wp-content/uploads/looper-clip-bruce-willis.jpg

 

 

            En 1985, Robert Zemeckis réalise Retour vers le futur et donne le mal de crâne à tout le monde. Si je remonte dans le temps est-ce que je peux modifier le futur en changeant le passé ? Mais en modifiant le futur du passé, je change le présent, et comme ce présent va changer le passé, il ne peut plus changer ce passé, à moins qu’il était prévu que je change le passé pour ensuite pouvoir changer le passé. Vous êtes toujours là ? Bon. L’histoire du casse-tête sino-temporel en a inspiré plus d’un. Intrigues à tiroir, coups de théâtre, et rebondissements à gogo : les possibilités de pouvoir manipuler le pauvre petit spectateur de cinéma sont nombreuses. Si bien que ce qui était au départ un parti pris original, devient aujourd’hui un genre vu et revu. Difficile de réussir à extraire sa propre sauce de la marmite. Sur ce point, Looper s’en sort pas mal.

 

            Nous sommes en 2044. La machine à voyager dans le temps n’existera qu’en 2072, et la mafia de l’époque a une idée de génie : au lieu de se salir les mains elle-même, elle envoie dans le passé ses victimes pour que des agents, appelés « Looper », finissent le travail à leur place. Grassement payés, les looper ont la vie belle. Jusqu’au jour où leur contrat s’achève quand leur victime se révèle être … eux-mêmes. Joe (Joseph Gordon-Levitt) laisse par mégarde échapper son lui de trente ans plus vieux (Bruce Willis). Chose parfaitement crédible, étant donné que les acteurs possèdent exactement le même nez. Le réalisme est ici poussé à son paroxysme.

 

            Nous avons donc une intrigue somme toute originale, et un film au demeurant sympathique. Plutôt bien écrit, le scénar’ parvient à rester clair, tout en étant très rythmé et proposant une chute bien sentie. C’est ce que demande le peuple me dites-vous. Et vous auriez raison. Mais vous sentez qu’il y a un hic. Et vous auriez encore raison. Décidemment j’ai affaire à des lecteurs intelligents, ça fait plaisir.

 

            Looper se pose comme un film de genre. Là est le problème. C’est-à-dire qu’il traine derrière lui toute une mythologie de films de science-fiction apparus dans les années 90. A la différence que les maestros du genre, c’est-à-dire Cameron et, surtout, Verhoeven, savaient apporter à leur film un contexte social et politique qui n’existe absolument pas dans Looper. On se retrouve avec un machin très satisfait de lui-même, une série b qui ne s’assume pas, un ton qui manque cruellement de cynisme et de dérision, et, surtout, un propos absolument inexistant. Quand un Terminator interrogeait sur la mécanisation du monde et un Total Recall sur l’utilisation du capitalisme à outrance, Looper ne fait que rester cloitrer dans son petit univers sans jamais s’essayer à la moindre parabole. C’est dommage que Rian Johnson soit passé à côté de l’essence du genre de la science-fiction: présenter les dangers de la société en pouvant extrapoler dans le futur. Et, au vu du monde d’aujourd’hui, je n’accepte aucune excuse. 

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 11:10

     http://media.melty.fr/article-1071915-ajust_614/james-bond-007-skyfall.jpg       

 

 

    L’autre soir, alors que j’étais convié à une pendaison de crémaillère à laquelle je ne connaissais quasiment personne, un illustre inconnu m’apostrophe en me demandant quel est mon James Bond préféré. D’abord pris de court, je me ressaisis rapidement en lui répondant que malgré un lobby très puissant qui essaye de nous faire croire le contraire, Casino Royale est assurément le meilleur épisode de la série. Il me regarde effaré : « Non mais t’es sérieux ? Casino Royale ? Mais t’as vu le plan du méchant ? Il est bidon. Dans les vieux James Bond (il me semble qu’il rajoute même, les vrais James Bond) les plans des méchants sont déments. Et en plus, Daniel Craig, il est blond ! » C’était peut-être le martini, mais j’avoue m’être sur l’instant retrouvé à court d’argument. Il est vrai que la pertinence de son raisonnement avait de quoi me faire cogiter toute la soirée, mais les biens maigres capacités intellectuelles de mon cerveau au-dessus de 0,07g d’alcool eurent raison de moi.

 

            C’est en sortant de la projection de Skyfall que cette conversation ressurgit dans mon esprit. Car effectivement, depuis l’arrivée de Daniel Craig, quelque chose a changé chez James Bond. Avant, on avait droit au séducteur en costard sept pièces, cheveux bruns brossés sur le côté, avec en prime ce fameux sourire tout droit sorti d’une pub pour dentifrice. Non, ce nouveau James Bond est définitivement plus animal, plus sinistre, plus vulnérable. Plus réel quoi. Depuis Casino Royale, on sent un désir de la part des scénaristes de renouveler la mythologie de la saga ; se situant aujourd’hui d’avantage dans le registre du film noir que de l’espionnage couteau-suisse. L’heure est au traumatisme, et James Bond est enfin devenu un être humain.

 

             « Bah quoi, vous préféreriez un stylo qui explose ? » nargue Q devant la mine déconfite de Bond, visiblement déçu d’avoir comme seuls compagnons de route un flingue et une radio d’urgence. Dans Skyfall, les gadgets sont réduits au strict minimum. L’informatique est devenue obsolète, dérisoire. Et le méchant, qu’incarne à merveille Javier Bardem qui a l’air d’avoir apprécié sa collaboration avec les frères Coen, n’envisage pas de détourner un satellite ou de faire décoller une fusée. Non, ce qui l’intéresse, c’est M. Un personnage autrefois réduit au rôle de pantin, qui va avec cet épisode endosser un costume un peu plus probant. Bond, lui, débute le film en mourant. Pas forcément très pratique, je vous l’accorde. Bon, évidemment, il ne va pas vraiment mourir. Juste suffisamment pour lui permettre de renaitre de plus belle. Un thème qu’on avait aussi un peu entrevu dans les batman de Nolan. Symbole d’une volonté de remettre à jour les codes d’une mythologie qui, à force d’ajouter des films à son palmarès, finissait par rester bloquer dans les embouteillages.

 

            A la réalisation, Sam Mendes nous gratifie d’un spectacle grandiose. Allez, soyons fous, et affirmons même qu’il s’agit là du plus beau James Bond esthétiquement parlant. La scène finale est un pur cauchemar, et toutes les séquences d’action sont débordantes de générosité. Style poids lourd et feu à volonté. Un vrai plaisir de cinéma. Et c’est possible même sans stylo qui explose. Ni dentifrice.

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 02:35

http://www.lexpress.fr/medias/2196/1124371.jpg

 

 

          Parfois, je l’admets, il est difficile d’être cinéphile. Surtout lorsque l’on est entouré par des ignorants totalement snobs plongés dans leurs bouquins de philosophie à longueurs de journées. Comment voulez-vous réussir à les convaincre que Ted, un film avec une peluche qui parle et Sam Jones jouant lui-même, c’est-à-dire Flash Gordon, est bel et bien un bon film. J’ai quand même plusieurs arguments sous le coude, et pas des moindres. Par exemple Seth MacFarlane est un génie. Pas mal déjà. Seth MacFarlane est un génie, au même titre que Galilée, Michel-Ange ou Ourson Welles (elle était facile, je vous l’accorde). Bon je l’avoue, il n’est peut-être pas forcément le plus connu des quatre, surtout que c’est le seul nom que me souligne mon correcteur d’orthographe Pour essayer de situer un peu le bonhomme, il s’agit du créateur d’American Dad, ou la série qui met au sol par K.O. Les Simpson. Rien que ça. American Dad, c’est une satire jubilante sur l’américain moyen, avec en tête d’affiche Stan, un agent de la CIA au cœur très conservateur, qui possède peut être autant de neurone qu’Homer Simpson après la cuite de sa vie.

 

          J’ose espérer que cet argument va vous pousser hors de vos bibliothèques, mais mon utopie à des limites. Et si je vous disais que le film s’ouvre sur la voix off de Mark Walhberg, racontant qu’à son époque l’activité favorite des enfants était de frapper leurs camarades juifs ? Avouez que ça vous emballe déjà plus. D’autant que lors d’une des premières apparitions du nounours, on le voit se défoncer à l’aide d’un bang et se plaindre que la came de son dealer a baissé en qualité. On n’est pas vraiment dans la comédie américaine édulcorée à laquelle on pouvait s’attendre.

 

          Là où Ted excelle, c’est justement dans sa capacité à prendre les codes de la comédie sentimentale américaine à deux dollars, et de les détourner. Sans cesse, le film prend par derrière le spectateur pour mieux le surprendre, et les gags sont des petites bombes à retardement. L’humour est subversif, sans pour autant jouer dans la même cour que les films de Sacha Baron Cohen, plus porté politique. Ted se situe d’avantage dans la dérision, dans la comédie grassouillette, sexuellement espiègle, frôlant parfois la scatophilie.

 

         Mais les limites de Ted apparaissent dans sa structure même. Si l’humour rebelle du film fait mouche, il n’agit que par petites touches successives, sans changer réellement la toile finale. L’histoire d’amour, franchement mièvre, est beaucoup trop mise en avant, et jamais réellement détournée. On aurait aimé d’avantage de risque de la part de Seth MacFarlane qui semble avoir un peu trainé la patte en passant du petit au grand écran. On est quand même content de voir un film sortant un tant soit peu des sentiers battus. Car mis à part les productions Apatow (et encore, certaines sont franchement ratées), on reste souvent sur notre faim face aux comédies sentimentales américaines. La faute, sans doute, à l’essor de la sitcom qui avale tout sur son passage et délaisse les miettes au grand écran. Pas étonnant d'ailleurs que les rares réussites au cinéma soient réalisées par des scénaristes de série. Et Ted, lui, est plutôt du genre à commander un hamburger avec des frites. 

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 03:12

http://ds3.ds.static.rtbf.be/article/top/8/5/d/600_330_4870a9d039b9ff75ff08b10eb5a7d45c-1349870746.jpg

 

          S’il est une chose qu’on ne peut retirer à François Ozon, c’est l’originalité de ses histoires. Sa filmographie ressemble à un arc-en-ciel couleur pastel et parfum bonbon acidulé. On y rencontre tour à tour un rat terroriste, une plage démoniaque, une piscine en forme de nuage, et un chérubin avec des ailes. Autant de sujets insolites qui ne font cependant pas oublier un cinéma franchement franchouillard qui pense souvent plus qu’il n’agit. Le bonhomme possède toutefois du talent à revendre, il serait effectivement injuste de laisser sous silence les deux excellents films qu’il a réalisés : Sous le sable en 2000, et à un degré moindre Huit Femmes en 2001. Trop peu pour prétendre s’installer dans le cortège de tête du cinéma français, qui aurait pourtant bien besoin de ce genre de cinéaste iconoclaste.

 

          Une fois n’est pas coutume, le pitch de Dans la maison intrigue. Si bien que malgré mon scepticisme vis-à-vis du nom du réalisateur sur l’affiche (et aussi de celui d'Emmanuelle Seigner, l’actrice la plus abominable de l’histoire du cinéma français), je décide de me rendre dans la salle obscure la plus proche de chez moi. Un dimanche soir.

 

          Dans la maison, c’est l’histoire d’une relation ambigüe qu’entretiennent un professeur de français (un rôle qui a sans doute été écrit pour, et d’ailleurs peut être par, Lucchini) et son élève de seconde. Germain, l’enseignant trouve chez Claude, l’enseigné, un talent indéniable pour l’écriture, si bien que ce dernier va lui transmettre régulièrement des chapitres d’une histoire qu’il écrit. Le hic c’est que cette histoire n’est pas tout à fait une fiction, mais pas tout à fait la réalité non plus. Le nœud de l’intrigue se resserre autour de cette question du vrai et du faux, du rapport qu’entretient l’art avec le réel et inversement. On y décèlera aussi volontiers, avec un zeste de dandysme cinéphile, une métaphore du cinéma comme objet de voyeurisme. Dans la maison fait d’ailleurs plusieurs fois référence à Hitchcock, qui n’était pas le dernier des pervers. Lors d’une séance de cinéma à laquelle assistent Germain et sa femme, Ozon nous gratifie même d’un travelling absolument injustifié sur la cabine de projection. Alors qu’on ne me dise pas que je sur analyse.

 

          Ozon possède un univers. C’est indéniable. Un truc un peu pop’art, très léché, avec un soupçon de cynisme. D’ironie aussi, parfois. Quand il est dans son meilleur jour, on pense même aux marylins d’Andy Warhol. Et le début du film se situe dans cette veine. Les trente premières minutes sont absolument formidables, nous tenant en haleine grâce à une écriture d’une précision chirurgicale dans la gradation des péripéties, et dans l’installation d’une atmosphère de mystère et de malaise. Le trait d’humour est d’une finesse contagieuse, entre sarcasme et moquerie de la classe moyenne néo-bourgeoise.

 

          Puis d’un coup, le film s’écroule. Comme ça, sans crier gare. On passe d’une tension de tous les instants, à un florilège de situations dignes d’un téléfilm du dimanche soir. J'aurai presque mieux fait de rester chez moi tiens. On a le sentiment qu’Ozon n’a pas cru à la puissance de son film. Au lieu de continuer sa marche en avant, le film s’arrête, revient sur ses pas, fait le tour de la maison, danse à cloche pied. Ozon semble alors privilégier le registre de l’absurde sans avoir l’once d’un talent lynchien. On le préférait dans celui de la fable funambule, du conte malicieux, du songe coloré.

 

          Désormais  totalement flous, les enjeux dramatiques peinent à rebondir. Ozon a sans doute trop cherché à maitriser son sujet, autant dans le fond que dans la forme, et s’est retenu pour finalement aller flirter vers le prêchi prêcha intellectuello-bobo. A vouloir à tout prix viser l’excellence, l’élève Ozon a encore une fois été trop sage. La prochaine fois, essayez de rajouter un petit peu de Vodka dans votre San Pellegrino. Ça ne pourra que vous faire du bien, à vous, et à mes dimanches soirs.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 16:36

         http://4.bp.blogspot.com/-YJ_nOcYdFek/UGwhtkx_n0I/AAAAAAAAAmg/3eLL5oa-Cfc/s1600/homeland_1.jpg

          En 2001 survenaient deux événements majeurs qui marqueront à jamais l’Histoire de l’humanité. Le lancement sur la Fox de la série à suspense 24 heures, et, dans une moindre mesure, les attentats du 11 septembre. Lien de cause à effet sans doute, ou bien génie visionnaire, tant le show reflétait à merveille le spectre formé par les Etats Unis après l’attaque : paranoïa constante, méthodes fascisantes utilisées dans la traque aux terroristes, et renforcement excessif de la sécurité intérieure. Autant de thèmes visités, revisités, sur visités, souvent à l’excès, au cours des quand même huit saisons de la série. Si 24 heures fait figure de montagne russe niveau qualité (une cinquième saison aux petits oignons, avant un recyclage sans saveur des mêmes recettes), elle pose une empreinte indéniable sur l’avenir du petit écran. Mais aussi sur celui du grand. Car face à cette implacable machine à suspense, les scénaristes des blockbusters ont été obligés de se mettre à jour face à un média qui possédait une avance considérable sur le cinéma quand il s’agit d’installer des intrigues à tiroirs et autres rouages plus ou moins bien huilés.

 

          Dieu merci, Howard Gordon en a eu assez (il était plus patient que nous le bougre) et a décidé de se pencher sur un nouveau projet. Surtout que face à l’histoire d’une Amérique sans cesse en mouvement, il est toujours plus intéressant pour un artiste de se placer au front plutôt que d’attendre que le cortège passe pour ramasser les débris. La proposition d’Homeland, qui s’inspire d’une série israélienne, s’inscrivait dans ce schéma de refaire surface face à une mode actuelle tendance retro (Boardwalk Empire, Games of throne, deux séries fantastiques par ailleurs). Résultat de la copie : 10/10, et passage en classe supérieure.

 

          Si 24 heures est donc la série post-11 septembre par excellence, Homeland serait la série post-guerre en Irak. Ou comment un enlisement dans un conflit de dix ans n’aura permis qu’à faire monter un sentiment anti-américain exponentiel, et l’émergence d’un extrémisme radical au Moyen-Orient, mais également au sein même du pays. Notons au passage le caractère déjà visionnaire d’Homeland. Avec un mois de septembre sujet à une explosion de manifestations violentes envers l’Amérique, la réalité montre ce que la série annonçait il y a un an de cela. Très fort.

 

          On a donc Brody, un soldat américain qui refait surface en Irak après avoir été emprisonné pendant huit ans par une branche d’Al Qu’Aïda. Son retour au pays le propulse au rang de héros national par tous. Ou pas si sûr. Une agente de la CIA, Carrie, apprend d’une source que Brody se serait retourné contre son pays à la solde des terroristes. Elle décide d’installer en toute illégalité un dispositif de caméra et de micro dans l’appartement du militaire, lui permettant de pouvoir l’espionner 24h/24. Sorte de Truman Show, ou de 1984, avec la paranoïa vis-à-vis du musulman. Amalgame crée en 2001 par George Bush et son « axe du mal ».

 

          Ce qui distingue Homeland, et la place très haut dans les séries d’espionnage, c’est son rapport au genre. Bien loin de l’académisme et de l’utilisation abusive des codes, elle place sans cesse ses personnages devant l’intrigue ; et privilégie la psychologie au spectaculaire. La première saison se retient face à la tentation de la sur dramatisation, des rebondissements à outrance, qui sont toujours suivis de contre coup, de doute, de questionnement de la part des protagonistes. Ce soin apporté au rythme renvoie à ces mélodies de jazz qui parcourent les épisodes ; créant à cette occasion un parfum de mélancolie. Etonnant, et presque culotté, pour une série de ce calibre.

 

          Tout le monde a ses raisons, mais le cœur les ignore. Homeland préfère s’intéresser à la relation qui se noue entre Carrie et Brodie, en basculant sans cesse d’un point de vue à l’autre afin de ne pas tomber dans un manichéisme vingtquatreheurien. On approche parfois le mélodrame, la romance, la tragédie même. Et au-dessus de la tête de chaque personnage plane l’auréole du doute, mi ange, mi démon. Jamais sûr de rien, sauf de la qualité évidente d’une série qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 03:31

 

          http://olivierpere.files.wordpress.com/2012/10/gebo-et-lombre-2012.jpg

 

          « Manoel de Oliveira ? Tu connais pas ? Tu sais c’est le réalisateur qui a cent trois ans ! » me disait d’un air ahuri cette fille que j’avais accosté dans un cinéma dans le but totalement innocent de lui parler des quelques deux mille films que j’avais vus dans ma vie. Manque de bol, Oliveira je connaissais rien de lui. Bien entendu, son nom n’était pas totalement étranger à mon oreille, qui commençait d’ailleurs à se lasser des insinuations à peine sous entendues de cette jolie inconnue. Si vous voulez, Oliveira c’est un peu pour les cinéphiles ce que Proust est aux littéraires ; tout le monde sait qui c’est, mais quand il s'agit de parler de La recherche du temps perdu, bah y’a plus personne. D’autant que l’occasion ne manque pas, le type semble faire un film par an depuis que je suis né. Au vu de son âge, faites le calcul et vous aurez une petite idée de la taille de la filmographie du mec. Considérant qu’il est un peu trop risqué de taper dedans au hasard, je décide d’aller au cinéma voir son dernier film qui a de bonnes critiques, afin de faire taire les mauvaises langues. « Et alors ? Tu l’as vu toi la trilogie Evil Dead de Sam Raimi ? » m’apprêtai-je à lui répondre, je l’avoue un peu vexé. Mais elle était déjà partie dans une intense conversation sur le dernier film de Bela Tarr avec un boutonneux à lunettes. Fichtre, c’était pas ma veine ; le mois prochain je me prends un abonnement aux Cahiers du Cinéma, avec un peu de chance ça va me permettre de glisser de la cinéphile dans mon pieu. Parce que le cinéma post-contemplatif austro-hongrois c’est bien, mais pour débattre sur Don Siegel y’a plus personne.

 

          Gebo et l’Ombre…  ah voilà, je ne me souvenais plus du titre une fois arrivé devant la caissière. Du coup je lui ai demandé « une place pour le dernier Oliveira » avant de remarquer que ça sonnait vachement intello comme phrase. Lien de cause à effet sans doute, j’ai eu droit à un charmant sourire, qui d’après mes sources serait réservé à l’élite de la cinéphilie parisienne. La prochaine fois je demanderai une place pour le « dernier film de Judd Apatow », on verra bien.

 

          Légèrement en retard, j’entre dans la salle au moment des publicités et jette un coup d’œil aux spectateurs. La moyenne d’âge devait frôler celle du cinéaste, et ils me fixaient tous avec de grands yeux l’air de se dire « mais qu’est-ce qu’il fait là lui ? Jason Bourne c’est la salle trois, pas la quatre. Vas lui dire Gertrude ! ». Derrière moi, Catherine Deneuve faisait la bise à Frédéric Mitterrand et vantait les mérites de la rive gauche. Ça vous pose un décor.

 

          Bref, le film maintenant, puisque c’est quand même de ça qu’il s’agit. Bien installé dans mon fauteuil, mon Schweppes dans la main gauche et mes pop-corn dans la droite, je me prépare psychologiquement à affronter ce que Libé appelle un « conte Disney pour nonagénaires ». Et apparemment ils ont adoré le film. La première chose qui saute aux yeux c’est la splendide photographie. D’un côté quand t’as un plan fixe sur un bateau amarré à un port pendant cinq minutes, t’as rien d’autre à foutre que de regarder la lumière. Mais c’est vrai qu’elle est très belle, avec une opacité très travaillée dans les contrastes et les ombres, qui renvoi forcément à Rembrandt. Comme quoi le numérique peut faire des merveilles ; on croirait retrouver l’image presque palpable de certains films tournés à la pellicule. Après un suspense insoutenable pour savoir quand le plan se terminerait on débarque dans une vieille bicoque qui doit se situer précisément entre le XVe et le XIXe siècle (avec réserve). Il faudra s’habituer à l’endroit parce que tout le film se déroule dans cette seule et unique pièce (Oui le plan du bateau je ne sais toujours pas à quoi il sert). Le hors champ est ici travaillé à son maximum, si bien qu’à force de rendre son film invisible on finit par ne plus rien voir du tout. Pour résumer brièvement l’intrigue : Michael Lonsdale joue Gebo, une sorte de comptable, je n’ai pas très bien compris son métier mais ce qui est sûr c’est qu’il garde l’argent d’autres personnes. Il arrive difficilement à faire vivre sa famille malgré un travail acharné. Sa femme, Claudia Cardinale (Il était une fois dans l’ouest, oui oui) et sa fille sont totalement dépressives. Le fils, un voyou et voleur de premier ordre, apparaitra plus tard dans l’histoire comme l’élément clé de l’intrigue en volant le butin de son père. Le film est essentiellement composé de dialogues, et de neuf raccords et demi si j’ai bien compté. On blablate sur la pluie, sur la mort, sur le devoir, sur la pluie, sur les choux de Bruxelles, et sur la pluie aussi. Tout cela dans une ambiance de gaîté fort savoureuse et dans un français que sans doute personne n’a jamais pratiqué jusque là. Après m’être assoupi déjà trois fois en dix-sept minutes je me fais réveiller par une voix rauque qui me parait familière. C’est Jeanne Moreau qui passe prendre le café. Sans doute LA scène d’action du film. J’assiste avec délectation à une performance d’actrice tout bonnement exceptionnelle qui n’a rien perdu de son talent, ni de son charme. J'ai envie d'applaudir, mais j'ai peur que ma réaction ne provoque des mécontentements dans la salle, alors je me retiens et garde ma joie pour moi. Malheureusement, cinq petites minutes lui suffisent pour boire son café, parler de clarinette et déguerpir Dieu sait où. Déçu, je me dis que c’est assez amusant de voir une des actrices phares de la nouvelle vague jouer dans un film que Truffaut aurait sans doute incendié s’il était encore de ce monde. Je préfère me rendormir en rêvant de Jules et Jim. J’ai quand même réussi à choper le dénouement final, digne d’un Brecht réinterprétant Dostoïevski, ceci grâce à ma grande expérience de sieste dans les salles de cinéma qui me permet aujourd’hui de toujours me réveiller cinq minutes avant la fin des films (vous pouvez vous entrainer sur Ceylan ou Weerasethakul, des valeurs sûres.) Et puis un vieux monsieur, apparemment fan du bonhomme, m’expose sa théorie en sortant du film : « Oliveira, il suffit de voir un seul plan du film pour comprendre ». « Mais comprendre quoi ? » que je lui demande comme un idiot. Il estime alors qu’un clin d’œil est une réponse satisfaisante et me laisse en plan.

 

          J’ai vu un film d’Oliveira. 

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 15:10

  http://www.independencia.fr/revue/IMG/jpg/dark_horse_generique.jpg       

            Sorti de nulle part avec sa coiffure improbable et ses yeux d’alien, Todd Solondz est en réalité un des cinéastes les plus sujets à polémique aux Etats-Unis. Issu de l’école indépendante des années 90, il réalise en 1995 Bienvenue dans l’âge ingrat qui lui vaudra le grand prix au festival de Sundance, et, déjà, Solondz trouve un style singulier qui ne le quittera plus : univers « cyniquo-pop », personnages marginaux et critique acerbe de la classe moyenne américaine. Mais c’est avec Hapiness, sans doute son meilleur film, que le réalisateur fait réellement bouillir la marmite. Brulot glacial contre le rêve américain en forme de film choral, Hapiness regarde de façon insolente ses personnages se détruire dans leur vice au sein d’une société en perte de morale ; symbole d’un pays en pleine névrose derrière le spectre de son drapeau qui flotte, encore et toujours.

 

          Après une petite traversée du désert et des films fait un peu trop par-dessus la chaussette (trop de bavardage et pas assez d’attention en cours), Solondz, qui partage sa vie entre metteur en scène et professeur de cinéma, revient avec un nouvel OVNI : Dark Horse. L’histoire d’un geek de 30  ans, Abe (formidable Jordan Gelber) qui s’éprend d’une jeune femme dépressive, Miranda (Selma Blair et son mythique regard noir). Moins subversif, moins rugueux, et plus lisse que ses autres films, Dark Horse se situe d’avantage dans le registre du conte, avec une touche d’humour noir façon Robert Altman. Solondz emprunte un chemin qu’on ne lui connaissait pas forcément : celui de l’émotion. La mise en scène pop’art totalement fantasmée du cinéaste ajoute à cette fable une pure mélancolie, des instants de spleen intense. Un véritable tour de force où Solondz est passé maître quand il s’agit par le contraste de rendre un personnage absolument pathétique séduisant. Abe, malgré sa naïveté et son insouciance presque ridicule, ne peut que nous toucher, car il s’agit là d’un vrai personnage de cinéma : Solondz est parvenu à incarner avec son univers féérique à la fois les espoirs de son héros, et ses désillusions.Récreer une pérception par la mise en scène. Au départ présenté comme un film léger, Dark Horse se révèle au final extrêmement ténébreux, presque dépressif. Et c’est le personnage très noir de Miranda, face au regard infantile d’Abe, qui fait figure de morale. Une vraie tragédie pour cinéphile.

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 20:20

Des-hommes-sans-loi-Hardy-Chastain.jpg

 

               L’animal n’est pas tout à fait apprivoisé ; on le croirait d’ailleurs presque sorti de la jungle. Il ne marche pas, il glisse. Le regard est réfléchi, l’œil alerte. Il grogne, aussi, en guise de ponctuation ; et son grand air cynique cache un cœur invincible, parait-il. Difficile de voir si apparait à l’écran Forrest Bondurant ou Tom Hardy, tant le comédien incarne à la perfection ce célèbre hors la loi qui sévissait pendant la prohibition en Virginie. Très en vue ces derniers temps (La Taupe, The Dark Knight Rises), l’acteur américain confirme qu’il est bel et bien une étoile montante dans le ciel d’Hollywood. Il apparaitra notamment dans le prochain Mad Max de George Miller.

               

                Des hommes sans loi, réalisé par John Hillcoat (La Route) relate l’histoire vraie de trois frères ayant monté, au sein d’une Amérique en pleine prohibition, un trafic d’alcool dans le comté de Franklin, en Virginie. Nick Cave, scénariste à l’occasion et également compositeur de la musique du film, dresse le portrait d’une Amérique se construisant dans l’amour, un peu, et le sang, surtout. Le film s’appuie à la fois sur les codes du film noir et du western ; un peu trop d’ailleurs, au point de s’enfoncer dans un classicisme presque trop académique. On sent une volonté chez Hillcoat de devoir absolument tout soigner : sa mise en scène est superbe de maitrise, la reconstitution de l’époque splendide, mais on regrette justement que le cinéaste ne se soit pas assez mis les mains dans le cambouis. L’histoire contient trop de personnages secondaires (on cherche toujours l’utilité de Gary Oldman) qui semblent marcher comme des ombres derrière l’écran sans jamais dynamiter le récit. Sans être totalement un hommage, ni un renouveau du genre (ce qu’avait très bien réussi à faire L’assassinat de Jesse James) Des hommes sans loi semble être un film d’une autre époque dont on devrait plutôt questionner l’intérêt aujourd’hui. Restera malgré tout cette interprétation magistrale de Tom Hardy, qui vaut à elle seule (presque) le déplacement.

 

 

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