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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 18:50

 

The Company Men, réalisé par John Wells

 

http://www.newkidsonthegeek.com/wp-content/uploads/2011/03/ben-affleck-company-men.jpgLes américains possèdent un certain talent quand il s’agit de parler de leur propre histoire.  Construite autour d’une mythologie en perpétuelle évolution, entre rêve et cauchemar, l’Amérique a vu naitre, depuis la contre culture des années 60 et 70, de plus en plus d’artistes capables de montrer le revers d’une médaille que le monde a longtemps cru étincelante. 

 

Tout un symbole : le scripte de The Company Men fut écrit dans les années 90, soit près de 20 ans avant sa réalisation. Car si le sujet semble brulant d’actualité (une société est contrainte de licencier la majorité de ses employés à cause d’une grave crise, qu’on imagine être celle de 2008), sa date d’écriture révèle bien de son intemporalité. Comme une peur inconsciente de la fragilité du rêve américain.

 

Mais ce à quoi on pourrait s’attendre (c’est-à-dire une véritable critique du capitalisme et de l’«american way of life») tourne vite court. Si au départ le script décrit plutôt bien la chute d’un ex-cadre d’entreprise, symbole de la réussite américaine, obligé de se reconvertir en tant qu’ouvrier pour boucler ses fins de mois , sa mise en image n’est pas assez palpable pour le spectateur - la faute à une mise en scène beaucoup trop «à l’américaine» justement et édulcorée. Le parti pris formel de John Wells s’avère alors en contradiction avec le fond du film. 

 

Au final, l’idée de départ, fortement louable, est ternie par une esthétique beaucoup trop gentille et lisse - ainsi qu’un dénouement où la morale se résume à : «il ne faut pas désespérer, le rêve américain est toujours accessible à ceux qui y croient». Une vraie déception pour un film qui avait tout pour dénoncer, ou du moins montrer une certaine image de l’Amérique - et qui finalement ne fait que la contourner. The Company Men prouve donc une nouvelle fois la difficulté d’un pays à aller jusqu’au bout de sa propre critique (voire la chronique «place aux paillettes»). 

Un film qui choisit d’être lisse, alors qu’il aurait du être rugueux.

 

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Published by Clément Libiot
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commentaires

Voussad 07/07/2011 20:00


Eh dis-donc petit branleur, trois mois sans articles !!!!!!