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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 13:48

http://cdn-elle.ladmedia.fr/var/plain_site/storage/images/loisirs/videos-loisirs/cinema/deborah-francois-l-interview-populaire-2252620/25846020-1-fre-FR/Deborah-Francois-l-interview-Populaire_image_dossier_paysage.jpg 

 

 

            Disparition du soleil à 17h, guirlandes de noël accrochées fièrement aux balcons, moufles et écharpes en cachemire de sorties, le PSG qui ne gagne plus. Les signes ne trompent pas : l’hiver arrive. Doucement mais surement. Difficile désormais de faire sortir le peuple de sa tanière pour l’emmener se réchauffer dans les salles obscures. Finis donc les films roumains de trois heures et demi et autres gaités cannoises, les distributeurs misent désormais sur la soupe chaude et le sourire aux lèvres. Cette semaine, deux films semblent vouloir remplir le contrat : Populaire, premier film de Régis Roinsard avec Romain Duris en attiseur de foule, et Tango Libre, du belge Frédéric Fonteyne, et ses trois salles et demi. Pas forcément  les mêmes objectifs au box-office non plus.

 

            Grosse machine à sous qui ratisse large, Populaire est un film qui porte bien son nom. Le pari ? Miser sur une bonne direction artistique et une histoire originale. Jusque-là tout va bien. Nous sommes dans les années 60, et une jeune secrétaire (Deborah François), aidée par son patron (Romain Duris) se lance dans un concours de dactylographie. On se retrouve plus ou moins avec un Rocky Balboa en mini-jupe, les gangs de boxe remplacés par une machine à écrire. Moins spectaculaire, certes, mais plus sexy. Dommage que Populaire abandonne rapidement ses élans érotiques pour se concentrer sur une histoire vue et revue. Madame est amoureuse de Monsieur, mais Monsieur est amoureux d’une autre Madame, donc Madame va tout faire pour gagner le concours et conquérir le Monsieur. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Aucune prise de risque dans ce scénario très faiblard, qui habille du mieux qu’il peu son film tel l’arbre qui cache la forêt. Et ce n’est pas un sapin de Noël.

 

 

 http://www.fiff.be/var/fr/storage/images/media/images/tango-libre/336497-1-fre-FR/Tango-libre_reference.jpg

 

 

            La prise de risque, puisqu’on en parle, il faut traverser la frontière pour la trouver, avec Tango Libre. L’histoire vaut le détour : un gardien de prison (François Damiens) rencontre une femme (Anne Paulicevich) dont il s’éprend. Le hic ? Celle-ci sort plus ou moins avec deux détenus (Sergi Lopez et Jan Hammenecker) enfermés dans la prison où il travaille. Elle a même un gosse avec l’un deux (à vous de deviner lequel). Les comédiens sont tous formidables, et François Damiens prouve au passage sa capacité à incarner à peu près tous les registres possibles sur terre (Gad, prends en de la graine). Tango Libre se déroule en Belgique. Il fait moche. A l’écran, ça se sent un peu. Pas d’image édulcorée, ou de plans suaves. La photographie est sirupeuse, la caméra branlante, qui colle à la peau. De vrais choix de mise en scène sont faits. Le film danse, valse, prends le temps de cerner ses personnages, et, surtout, ne tombe jamais dans le piège de la psychologisation à outrance. Fonteyne invite le spectateur à construire son film avec lui, en brouillant les pistes, et multipliant les rapports ambigus qu’entretiennent les protagonistes entre eux. A l’inverse de Populaire, Tango Libre est constamment dans la surprise, dans la déroute, et ce sans jamais prendre la mauvaise direction. Alors tout ne marche pas, d’accord, quelques fausses notes s’installent par-ci par-là. Mais voilà un réalisateur qui a le mérite d’essayer des choses, et de parvenir à inculquer à son film une vraie identité. Un bon sirop contre la toux en ce froid hivernal. 

 

 

Critique publiée sur le site sortiedusine.org : http://www.sortiedusine.org/2012/12/04/populaire-et-tango-libre-le-gout-du-risque/

 

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Published by Clément Libiot
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