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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:58


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       J. Edgar raconte l'histoire d'un regard. Celui d'un vieux monsieur, un peu trop grognon pour être tout à fait sympathique, sur la vie qu'il vient de mener. Pas n'importe quelle vie. Celle d'un homme qui fut sans doute l'un des plus grands artisans du mythe américain moderne. Cet homme s'appelle Clint Eastwood. Et il était un temps où il fut réalisateur et acteur de cinéma. Plutôt très bon d'ailleurs, avec toujours ce désir qu'il avait de réinscrire dans le cinéma américain une forme classique presque perdue. 

 

       Dans J. Edgar, il semble qu'Eastwood cherche un autoportrait. Le film est construit comme une tragédie, où le héros évoque ses heures et ses erreurs de gloire à la veille de sa mort. On y sent une volonté d'explorer la vie d'un homme, afin de mettre en lumière la complexité d'une identité. On pense au Citizen Kane de Welles, et à sa philosophie de l'enfance. Leonardo DiCaprio, acteur d'exception, ressemble d'ailleurs étrangement au vieillard Kane, et son jeu fait exploser une palette d'émotion impressionnante.

 

       N'y allons pas par quatre chemins, de peur de se perdre en cours de route. J. Edgar est une déception. Pas une déception lourde, violente ou amère. Non, juste une déception, un peu triste. Ce qui aurait pu être un monument s'avère plus ressembler à une vielle cabane perdue au fond du jardin, que le vieux cinéphile fatigué se plaira de contempler d'un oeil nostalgique. Eastwood veut absolument tout filmer, comme si le temps lui manquait. Là où le réalisateur rayonne dans la simplicité de l'écriture, il finit par ne filmer qu'une ombre dans la recherche d'une complexité dramatique. Traverser l'histoire américaine du vingtième siècle n'est certainement pas chose évidente, et là où un réalisateur comme Martin Scorsese adapte son personnage au sujet (le Howard Hugues d'Aviator, un cas d'école), Eastwood cherche dans J. Edgar une multitude de lectures. Et à force de vouloir montrer beaucoup, l'image se floute et le spectateur finit par ne plus y voir grand-chose. Au final, que reste-t-il de J. Egdar ? Peut-être une certaine émotion qui arrive lentement, langoureusement vers la fin du film, où l'on assiste avec une certaine tristesse à un personnage et un réalisateur cherchant du temps qu'ils ne retrouveront sans doute pas. C'est avec les choses les plus simples que des si grands cinéastes comme Eastwood arrivent à faire de telles merveilles. Le temps, l'amour, la mort. 

 

       Le film était parti avec des ambitions d'une folie presque démesurée, mais lors de l'arrivée du générique, tout semble s'être réduit en poussière. Mais je ne vous en veux pas autant que ça, Monsieur Eastwood, car l'exercice aura de toute manière été profitable. 

 

 

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Published by Clément Libiot
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commentaires

Z 27/03/2012 18:04

En lisant tes critiques, je découvre une nouvelle face de ta personnalité cher Frédéric ! (HAHA)
En tout cas, ça résume bien mon sentiment par rapport à ce film. Merci d'avoir mis des mots sur ce que je ne pouvais pas exprimer moi !

TheClockworkLemon 26/01/2012 21:50

Une critique aussi prétentieuse que du Beigbedichou !! ...
Non je déconne, je l'aime bien celle-là, mais elle m'empêche de faire la mienne enflure !