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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:16

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            En 1985, Robert Zemeckis réalise Retour vers le futur et donne le mal de crâne à tout le monde. Si je remonte dans le temps est-ce que je peux modifier le futur en changeant le passé ? Mais en modifiant le futur du passé, je change le présent, et comme ce présent va changer le passé, il ne peut plus changer ce passé, à moins qu’il était prévu que je change le passé pour ensuite pouvoir changer le passé. Vous êtes toujours là ? Bon. L’histoire du casse-tête sino-temporel en a inspiré plus d’un. Intrigues à tiroir, coups de théâtre, et rebondissements à gogo : les possibilités de pouvoir manipuler le pauvre petit spectateur de cinéma sont nombreuses. Si bien que ce qui était au départ un parti pris original, devient aujourd’hui un genre vu et revu. Difficile de réussir à extraire sa propre sauce de la marmite. Sur ce point, Looper s’en sort pas mal.

 

            Nous sommes en 2044. La machine à voyager dans le temps n’existera qu’en 2072, et la mafia de l’époque a une idée de génie : au lieu de se salir les mains elle-même, elle envoie dans le passé ses victimes pour que des agents, appelés « Looper », finissent le travail à leur place. Grassement payés, les looper ont la vie belle. Jusqu’au jour où leur contrat s’achève quand leur victime se révèle être … eux-mêmes. Joe (Joseph Gordon-Levitt) laisse par mégarde échapper son lui de trente ans plus vieux (Bruce Willis). Chose parfaitement crédible, étant donné que les acteurs possèdent exactement le même nez. Le réalisme est ici poussé à son paroxysme.

 

            Nous avons donc une intrigue somme toute originale, et un film au demeurant sympathique. Plutôt bien écrit, le scénar’ parvient à rester clair, tout en étant très rythmé et proposant une chute bien sentie. C’est ce que demande le peuple me dites-vous. Et vous auriez raison. Mais vous sentez qu’il y a un hic. Et vous auriez encore raison. Décidemment j’ai affaire à des lecteurs intelligents, ça fait plaisir.

 

            Looper se pose comme un film de genre. Là est le problème. C’est-à-dire qu’il traine derrière lui toute une mythologie de films de science-fiction apparus dans les années 90. A la différence que les maestros du genre, c’est-à-dire Cameron et, surtout, Verhoeven, savaient apporter à leur film un contexte social et politique qui n’existe absolument pas dans Looper. On se retrouve avec un machin très satisfait de lui-même, une série b qui ne s’assume pas, un ton qui manque cruellement de cynisme et de dérision, et, surtout, un propos absolument inexistant. Quand un Terminator interrogeait sur la mécanisation du monde et un Total Recall sur l’utilisation du capitalisme à outrance, Looper ne fait que rester cloitrer dans son petit univers sans jamais s’essayer à la moindre parabole. C’est dommage que Rian Johnson soit passé à côté de l’essence du genre de la science-fiction: présenter les dangers de la société en pouvant extrapoler dans le futur. Et, au vu du monde d’aujourd’hui, je n’accepte aucune excuse. 

 

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Published by Clément Libiot
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