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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 02:35

http://www.lexpress.fr/medias/2196/1124371.jpg

 

 

          Parfois, je l’admets, il est difficile d’être cinéphile. Surtout lorsque l’on est entouré par des ignorants totalement snobs plongés dans leurs bouquins de philosophie à longueurs de journées. Comment voulez-vous réussir à les convaincre que Ted, un film avec une peluche qui parle et Sam Jones jouant lui-même, c’est-à-dire Flash Gordon, est bel et bien un bon film. J’ai quand même plusieurs arguments sous le coude, et pas des moindres. Par exemple Seth MacFarlane est un génie. Pas mal déjà. Seth MacFarlane est un génie, au même titre que Galilée, Michel-Ange ou Ourson Welles (elle était facile, je vous l’accorde). Bon je l’avoue, il n’est peut-être pas forcément le plus connu des quatre, surtout que c’est le seul nom que me souligne mon correcteur d’orthographe Pour essayer de situer un peu le bonhomme, il s’agit du créateur d’American Dad, ou la série qui met au sol par K.O. Les Simpson. Rien que ça. American Dad, c’est une satire jubilante sur l’américain moyen, avec en tête d’affiche Stan, un agent de la CIA au cœur très conservateur, qui possède peut être autant de neurone qu’Homer Simpson après la cuite de sa vie.

 

          J’ose espérer que cet argument va vous pousser hors de vos bibliothèques, mais mon utopie à des limites. Et si je vous disais que le film s’ouvre sur la voix off de Mark Walhberg, racontant qu’à son époque l’activité favorite des enfants était de frapper leurs camarades juifs ? Avouez que ça vous emballe déjà plus. D’autant que lors d’une des premières apparitions du nounours, on le voit se défoncer à l’aide d’un bang et se plaindre que la came de son dealer a baissé en qualité. On n’est pas vraiment dans la comédie américaine édulcorée à laquelle on pouvait s’attendre.

 

          Là où Ted excelle, c’est justement dans sa capacité à prendre les codes de la comédie sentimentale américaine à deux dollars, et de les détourner. Sans cesse, le film prend par derrière le spectateur pour mieux le surprendre, et les gags sont des petites bombes à retardement. L’humour est subversif, sans pour autant jouer dans la même cour que les films de Sacha Baron Cohen, plus porté politique. Ted se situe d’avantage dans la dérision, dans la comédie grassouillette, sexuellement espiègle, frôlant parfois la scatophilie.

 

         Mais les limites de Ted apparaissent dans sa structure même. Si l’humour rebelle du film fait mouche, il n’agit que par petites touches successives, sans changer réellement la toile finale. L’histoire d’amour, franchement mièvre, est beaucoup trop mise en avant, et jamais réellement détournée. On aurait aimé d’avantage de risque de la part de Seth MacFarlane qui semble avoir un peu trainé la patte en passant du petit au grand écran. On est quand même content de voir un film sortant un tant soit peu des sentiers battus. Car mis à part les productions Apatow (et encore, certaines sont franchement ratées), on reste souvent sur notre faim face aux comédies sentimentales américaines. La faute, sans doute, à l’essor de la sitcom qui avale tout sur son passage et délaisse les miettes au grand écran. Pas étonnant d'ailleurs que les rares réussites au cinéma soient réalisées par des scénaristes de série. Et Ted, lui, est plutôt du genre à commander un hamburger avec des frites. 

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Published by Clément Libiot
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commentaires

Adeline 31/10/2012 11:50

http://www.youtube.com/watch?v=G9PnNW56bp0